Elle plaît toujours aux hommes,
mais, incapable d'aimer,
elle se chauffe à leurs rayons et glisse de l'un à l'autre,
indifférente.
En fait, elle ne se paye ni de rêve ni de littérature :
son appétit solide nourri d'un certain mépris,
la pousse à voir dans chaque homme un pur objet de consommation.
Triste gourmandise,
triste liberté...
L'apparence de l'amour,
les gestes,
la musique,
mais le son est faux :
ce n'est que du théâtre et elle s'arrête toujours au premier acte ;
l'invitation au voyage,
mais pas de vrai voyage...
Ne surtout pas approfondir.
Ne jamais se retourner.
Fuite en avant,
absolu détachement.
C'est amusant finalement,
la débauche.
Elle épuise ses amants,
les essore;
ils tiennent rarement plus de deux mois.
D'ailleurs,
s'ils ont l'indélicatesse de s'accrocher,
voire de tomber amoureux -quel audace!- ,
elle s'en débarasse aussitôt.
Après tout ce n'est que justice.
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